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Algérie, histoires à ne pas dire

by admin last modified 2008-08-25 11:35

Jean-Pierre Llédo

Algérie/France, 2h40, 2007.

Aziz Mouats, Katiba Hocine, Hamid Bouhrour

27/02/2008

Un documentaire sur la guerre d'Algérie qui cherche à comprendre pourquoi les différentes communautés de ce pays se sont déchirées dans la haine et la violence.

Plus de 40 ans après la fin de la guerre d'Algérie, il reste encore beaucoup à dire sur les souffrances qu'elle a causé à tant d'individus, de part et d'autre de la Méditerranée. Colonisation, tortures, attentats, humiliations, déplacement de population. C'est sur ce dernier point que revient le réalisateur Jean-Pierre Lledo qui se présente lui-même comme "cinéaste algérien d'origine judéo-berbère par sa mère et espagnole par son père". Algérie, histoires à ne pas dire est la fin d'une trilogie commencée avec Un rêve algérien en 2003 et Algérie, mes fantômes en 2005. Le film est découpé en 4 chapitres, chacun attaché au témoignage d'une personne qui a vécu en direct les événements qui ont précédé la déclaration d'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962. Aziz est un agronome de 60 ans, qui cultive avec amour de magnifiques artichauts violets. Il se souvient de son enfance à Beni Malek, de l'insurrection du 20 août 1955 et de la répression qui suivit. Il souvient surtout de l'harmonie qui régnait entre les deux communautés et se demande inlassablement pourquoi la haine a laissé ces hommes s'entretuer. Ensuite, il y a Katiba, qui anime à la radio d'état une émission sur la mémoire. Si elle aussi évoque avec tendresse son enfance dans la Casbah d'Alger puis à Bal el Oued où l'harmonie régnait entre ceux qui étaient issus de cultures et de religions différentes, elle sait qu'elle aurait pu poser des bombes pour libérer son pays. La troisième partie, consacré à Raymond, un célèbre chanteur juif de Constantine, est amputée de sa moitié, le principal témoin ayant demandé à ne plus paraître dans le film suite aux annulations des avant-premières du film prévues en Algérie en juin 2007. Enfin vient Kheïdrine, un jeune homme de 30 ans qui vit dans la région d'Oran, qui ne connaît de l'époque coloniale que ce qu'il a apprit à l'école mais qui se rappelle que, dans sa propre famille, on évoque des massacres d'Européens le jour de l'indépendance. Les intentions de Jean-Pierre Lledo sont claires : "même s'il ne s'agit pas d'un film "à message", il est d'abord un film avec des personnages qui racontent leur propre histoire. Mon souhait est qu'en revenant sur les souffrances, les rapprochements, les connivences et les brassages, il aide les jeunes générations à mieux penser leurs avenirs qui seront forcément métissés, les colonisations n'ayant été, de mon point de vue, qu'une des formes violentes et archaïques, de ce qu'on n'appelait pas alors la "mondialisation". Avec un montage soigné qui laisse peu à peu entrer dans le vif du sujet et dans la vie des témoins, le film a un rythme qui permet de passer sans ennui les 2h40 de projection. Si les intentions du film semblent tout à fait justes, les témoignages émouvants, voire même courageux puisque certains d'entre eux, y compris Jean-Pierre Lledo, sont sous la menace des islamistes, le spectateur peut parfois être perdu dans les dates et les événements. Mieux vaut connaître un peu le contexte historique et humain, que ce documentaire permet d'approfondir. Magali Van Reeth Signis France

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