Personal tools
You are here: Home Films Jaffa
Document Actions

Jaffa

by Magali Van Reeth last modified 2009-06-21 18:37

Keren Yedaya

Israël/France/Allemagne, 1h45, 2009. Festival de Cannes 2009, sélection officielle, hors compétition.

Dana Yvgy, Mahmood Shalaby, Moni Moshonov, Ronit Elkabetz

10/06/2009

A travers une histoire banale, le très beau portrait d'une femme qui bouscule la vie de famille et les comportements de son entourage. Un film plein d'espérance pour tous ceux qui sont empoisonnés par les tensions extérieures.

Après Mon trésor (2004), un premier long métrage qui lui avait valu le prix de la Caméra d'or au Festival de Cannes, Keren Yedava propose aux spectateurs un autre film remarquable, tant sur le fond que par sa forme. Jaffa est une histoire d'amour entre deux jeunes gens qui se connaissent depuis l'enfance et vivent cette relation dans le plus grand secret. Toufik est un jeune homme arabe, beau comme Zidane, et Mali est juive, dans une famille où elle ne compte pas beaucoup. C'est justement par sa famille que le film commence. Une mère en déséquilibre permanent sur ses talons trop hauts, un père qui n'aime pas les conflits et un frère qui préfère boire plutôt que d'aller travailler. Tout le monde habite à Jaffa et si les bruits des conflits politiques du pays n'arrivent pas jusque dans l'appartement familial, les repas sont explosifs. Le drame qui va éclater sera forcément cornélien. Mais c'est avec une grande subtilité que Keren Yedaya, jeune réalisatrice israélienne, va mener son film. Si elle choisit une histoire d'amour, accessible à tous les publics, plutôt qu'une thèse politique, c'est pour mieux dénoncer les comportements qui engendrent de la haine. Inutile d'être juif ou palestinien pour savoir que, dans chaque famille, on privilégie les liens du sang avant la raison ou la justice. Et que, sous prétexte de protéger les siens, on a vite fait de mettre en péril les autres. A travers des gestes, en apparence anodins, Keren Yedaya montre comment l'égoïsme, le terrorisme ou l'injustice ont droit de cité dans les familles les plus ordinaires, où tout le monde trouve cela naturel. La scène où Mali ramasse en silence l'assiette que son frère vient de casser est, à cet égard, très révélatrice. Tous les personnages vont ainsi exister de façon fulgurante, sans grand discours. Et les acteurs sont à la hauteur. On retrouve Dana Yvgy et Ronit Elkabetz, qui jouaient déjà un couple fille – mère dans Mon trésor et leur ressemblance semble s'accentuer. Tout au long de Jaffa, de nombreuses scènes peuvent avoir plusieurs interprétations possibles et, pour le spectateur, c'est toujours bien plus excitant que de savoir dès le début du film comment il va se terminer ! Jusqu'au bout, la réalisatrice nous tient en haleine, tout en nous faisant envisager de multiples dénouements. La famille est cadre de tous les drames du monde et théâtre des guerres quotidiennes dans un pays où les conflits armés font rage. Mais il est clair que le personnage de Mali représente l'espérance dans une humanité retrouvée. Inlassablement, elle tisse des liens, elle répare. Entre deux êtres, entre deux mondes. Malgré l'isolement, le silence, la douleur physique, le temps qui passe. Elle, qui tait son amour et sa souffrance, elle est en vie, au cœur d'un monde hostile, attentive à l'autre et capable de s'extraire d'elle-même pour construire l'avenir. Magali Van Reeth Signis

Jaffa
Current image JPEG image — 20 KB
Navigation
 
« September 2017 »
Su Mo Tu We Th Fr Sa
12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
Log in


Forgot your password?
New user?
 

Powered by Plone CMS, the Open Source Content Management System

This site conforms to the following standards: