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La soledad

by admin last modified 2008-06-19 16:57

Jaime Rosales

Espagne, 2h10, 2007. Sélection officielle Festival de Cannes 2007, Un Certain Regard. Prix Goya du meilleur film espagnol 2007. Sortie en France le 11 juin 2008

Sonia Almarcha, Petra Martinez

11/06/2008

Avec beaucoup d'émotion et de sensibilité, un portrait actuel d'une société en pleine mutation à travers le parcours difficile de deux femmes de générations différentes mais partageant une même souffrance.

Ce film pourra surprendre les spectateurs pour qui les meilleurs films sont des films d'action et de divertissement. Pour les autres, La soledad est un magnifique portrait de la société espagnole actuelle, à travers deux héroïnes, Adela et Antonia. Adela est une jeune mère célibataire qui veut changer de vie, même c'est difficile. Antonia est une grand-mère voulant préserver l'harmonie de sa famille face aux déchirements inévitables que la lente dégradation des valeurs traditionnelles fait peser sur les gens de sa génération. Parce que depuis 20 ans, les différences nationales se sont beaucoup estompées dans les pays de l'Union européenne, ce portrait concerne toutes les sociétés occidentales. Le réalisateur espagnol Jaime Rosales nous montre comment les changements d'une société ont des répercussions sur les individus, sur leur façon d'être ensemble. Aujourd'hui, l'épanouissement individuel prime le plus souvent sur la famille et le collectif et on met forcément en danger nos relations les uns avec les autres. Adela en payera le prix fort, Antonia aussi mais pas pour les mêmes raisons. Adela est celle qui veut aller de l'avant et Antonia celle qui veut préserver une certaine unité, un savoir-faire affectif. Leur souffrance nous touche parce que, comme elles, nous sommes souvent poussés par de bonnes intentions mais nous ne maîtrisons ni les évènements ni les sentiments des autres. Il est tout aussi difficile de faire des choix que d'exprimer ses sentiments, dire ce qui nous touche aux gens avec qui on vit. Souvent, c'est à travers la maladie qu'on exprime des ressentiments secrets. La soledad en espagnol, c'est bien évidemment la solitude, cette "moderne solitude" déjà pointée en avant par d'autres artistes car souvent cachée au milieu du brouhaha social. La soledad pourra aussi surprendre ceux qui sont habitués à un cinéma classique, avec une trame narrative et des images sans surprise. Jaime Rosales a décidé de casser les formes habituelles du cinéma et s'en explique : "Nous sommes habitués à ce que les films nous racontent une histoire. Ici, il s'agit de l'histoire de deux femmes : Antonia et Adela. Le film suit les événements qui leur arrivent. Les émotions qui découlent de ce qu'elles font ou cessent de faire et la façon dont tout cela rejaillit sur leur entourage est au coeur du film. Pourtant, de mon point de vue, faire un film ne se borne pas à raconter une histoire au moyen d'une certaine technologie. Sans y renoncer, le réalisateur a également la responsabilité de donner une plus grande ampleur à son travail. Faire du cinéma implique de chercher de nouvelles manières de percevoir les choses. De trouver de nouvelles façons de montrer et de connecter les images entre elles". Aussi Jaime Rosales a fait le choix de tourner son film en partie en "polyvision", qui consiste à diviser l'écran en deux parties égales: "Chaque partie correspond à un point de vue différent sur une même scène. Derrière ce procédé et les règles que nous lui avons appliquées il y a l'idée de créer un code dont la fonction est d'apporter une perception distincte à celle induite par un format classique. Le défi et la difficulté ont été d'obtenir une certaine distanciation et une rupture vis-à-vis de la lecture habituelle sans que cette rupture ne soit un frein à l'émotion". Le résultat est plutôt séduisant, le spectateur étant complètement happé par ces images et le ressenti des personnages. Nous sommes Adela et Antonia qui essayent juste de vivre mieux. Interprétées par Sonia Almarcha et Petra Martinez, elles nous touchent dans le moindre geste, dans ce quotidien qu'elles incarnent si bien physiquement. Film subtil à l'écriture originale et riche, la lenteur de certaines scènes permet d'entrer dans le déroulement même de la pensée et des émotions des personnages. La soledad, présentée au Festival de Cannes en 2007, a obtenu le Goya du meilleur film espagnol. Magali Van Reeth Signis France

La soledad
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