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Les bureaux de Dieu

by admin last modified 2008-10-13 08:48

Claire Simon

France/Belgique, 2h, 2007. Festival de Cannes 2008, Quinzaine des réalisateurs.

Nathalie Baye, Rachida Brakni, Isabelle Carré, Nicole Garcia, Michel Boujenah, Emmanuel Mouret.

05/11/2008

Mots de femmes en détresse qui disent les maux de l'âme et du corps lorsqu'il s'agit de sexualité, d'amour et de désir ou non d'enfant.

Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, la sexualité des femmes, avec ses corollaires, la contraception et l'enfantement, peuvent toujours être une source de grande détresse chez les femmes, et pas uniquement dans les pays les plus démunis. Manque d'information, difficultés relationnelles, pauvreté, isolement, maladie ou décalage culturel, les raisons pour lesquelles des femmes frappent à la porte des plannings familiaux sont toujours nombreuses. Créé en 1960 pour défendre le droit à la contraception pour les femmes, que des gouvernements sexistes leur interdisaient, le Mouvement français pour le planning familial se veut d'abord un lieu d'écoute. A la limite du documentaire et de la fiction, ce film de la réalisatrice française Claire Simon ouvre la porte d'un planning familial ordinaire avec une création artistique originale et extrêmement travaillée. Documentaire parce qu'il est le fruit de plusieurs années de préparation, où les dialogues entre les écoutants (médecins, psychologues, volontaires) et les écoutées (femmes de tout âge et de toutes conditions) ont été méticuleusement consignés. Claire Simon savait qu'il était impossible d'enregistrer en temps réel ces paroles de femmes livrant leurs angoisses les plus intimes. On ne demande pas à une personne qui pleure sa détresse de refaire la scène. Fiction alors quand la réalisatrice demande à des actrices connues, images idéales de la femme et de la féminité, de s'engager dans cette aventure. Nathalie Baye, Béatrice Dalle, Rachida Brakni, Nicole Garcia ou Isabelle Carré sont les écoutantes. Elles incarnent "l'image" de la femme libre, à la fois rassurante et lointaine. Les actrices professionnelles incarnent la femme qui a la maîtrise de sa parole et de son corps, les non-professionnelles représentant celles qui ne savent pas et qui cherchent. La fiction est aussi au cœur du film à travers ce choix de l'interprétation. Face à ces vedettes qui représentent la réussite, l'accomplissement de soi dans la création et l'interprétation, des actrices inconnues qui disent les mots et les maux d'une autre inconnue. Le spectateur n'est plus un simple voyeur mais participe à ce dialogue, qu'il soit homme ou femme. Claire Simon peut alors citer Godard disant : "le documentaire, c'est moi qui regarde les autres ; la fiction, c'est les autres qui deviennent moi". Tout le film est parcouru par ce dialogue, à la fois sans fin et toujours renouvelé, des adolescentes, des femmes mûres, des situations banales ou inouïes, qui peuvent enfin s'exprimer. L'émotion, les larmes font souvent irruption dans ces conversations si peu ordinaires et pourtant si prévisibles. On perçoit le souci et les inquiétudes de ceux qui écoutent, leur réel désir de pouvoir aider sans porter de jugement. Pour le public chrétien ou les croyants d'autres religions pour qui les débats sur l'avortement et la contraception sont parfois très sensibles, Les bureaux de Dieu, au-delà de toute forme de jugement ou de conviction personnelle, parce qu'il montre d'abord l'expression d'une réelle souffrance et donne la parole à celles qui sont trop souvent sans voix, ne peut qu'enrichir une réflexion parfois déconnectée de la simple réalité quotidienne. Magali Van Reeth Signis France

Les bureaux de Dieu
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