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Les sept jours

by admin last modified 2008-07-21 09:04

Ronit Elkabetz et Shlomi Elkabetz

Israël/France, 1h55, 2008. Festival de Cannes 2008, sélection Semaine de la critique.

Ronit Elkabetz, Yael Abecassis, Hana Laslo, Moshe Ivgy, Simon Abkarian

02/07/2008

Une famille nombreuse se réunit pendant quelques jours au moment du décès de l'un de ses membres. Réunion explosive qui montre l'importance des liens du sang et de l'affection.

Selon la tradition juive, la famille du défunt s'enferme pendant sept jours dans sa maison pour vivre ensemble un temps de deuil. L'idée du dépouillement est de rigueur : on ne peut sortir, ni dormir dans un lit, on ne peut pas manger certains aliments ni parler de certains sujets et on ne doit pas s'occuper de son apparence corporelle. A la mort de Maurice, c'est donc ses six frères, ses deux sœurs, sa mère et ses tantes qui s'installent dans la maison de la veuve. L'action se déroule en Israël en 1991, en pleine guerre d'Irak. Tout est réuni pour que la situation soit explosive ! Au début du film, on est un peu perdu par tous ces personnages. Qui est qui ? Et qui est avec qui ? Comme dans une vraie famille en somme où il faut passer un peu de temps avant de connaître tous les protagonistes, et leur place au sein du clan. Peu à peu, on s'installe dans la durée. Le quotidien oblige à poser les questions fondamentales : qui dort où, que mange t-on, qui paye pour quoi et qui nettoie les toilettes ? Tous les enfants sont devenus des adultes mais les positions et les tensions perdurent dès qu'on se retrouve ensemble. Alors que dehors la guerre fait rage, chaque repas est un acte politique et un conflit en puissance : qui édicte les règles, qui rappelle les traditions et qui se tait pour éviter que la tension monte ? La cuisine, les chambres et la salle de bain, lieux où on peut se voir à deux ou trois et non plus tous ensemble, sont à la fois l'espace de la diplomatie et de tous les coups bas ou tentatives de putsch. Pour les deux réalisateurs, frère et sœur, ce film est, après Prendre femme, le deuxième volet d'une trilogie sur la place de la femme dans la société israélienne contemporaine. Ronit et Shlomi Elkabetz montrent comment il est difficile pour les femmes, dans une société pourtant libérale mais soumise à une loi religieuse et à des traditions très fortes, de trouver un véritable espace de liberté. Prendre femme était le portrait de Viviane, dans son couple, en tant qu'épouse et mère. Dans Les sept jours, Viviane est au sein de sa famille d'origine, entre sa mère, ses tantes, sa sœur et ses belles-sœurs. Elle n'est plus perçue comme un individu mais comme membre d'une entité indissoluble. Ce qui frappe aussi le spectateur, c'est cet immense besoin d'amour et de reconnaissance que tous les frères et sœurs expriment. Même devenus adultes, parents à leur tour, en souffrance, vivant au quotidien dans un état en guerre, ils se reprochent mutuellement leur manque d'amour, d'attention, de respect… On réalise alors toute l'importance de ce clan, de ces liens de sang dont on ne peut se défaire, qu'on ne peut renier. A l'intérieur de la famille, il est difficile de trouver un espace d'intimité où se construire. Mais sans la famille, il est difficile de trouver des repères pour se structurer, pour se placer dans l'altérité. Espace de transmission, de souvenirs, d'ancrage, c'est avec la famille et contre elle que tout individu se construit. Pour diriger une troupe d'acteurs aussi nombreux, les réalisateurs ont choisi de fortes personnalités. Que ce soit Hana Laslo, prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 2005, Yaël Abecassis, franco-israélienne, Moshe Ivgy, acteur célèbre en Israël, le Français Simon Abkarian ou Ronit Elkabetz qui a reçu plusieurs prix d'interprétation, ils ont tous dû trouver leur place sur le plateau, comme les membres de la famille qu'ils incarnent. Devant chacun gagner sa place à l'écran, ils ont participé à ces tensions et complicités qui font vibrer une réelle entité. Utilisant le grand angle et les longs plans séquence, les réalisateurs Ronit et Shlomi Elkabetz nous plongent au cœur de ces tensions familiales, entre rires et larmes et lors du très beau plan final, nous pouvons reconnaître et nommer chacun des membres, comme sur une photo de famille. Les sept jours est un beau film dramatique qui donne au spectateur à voir l'essence même de la famille. Magali Van Reeth Signis France

Les sept jours
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