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Versailles

by admin last modified 2008-08-28 09:48

Pierre Schoeller

France, 1h53, 2007. Sélection Un Certain Regard Cannes 2008.

Guillaume Depardieu, Max Baissette de Malglaive, Judith Chemla.

13/08/2008

A Versailles, on va chercher le roi pour le confronter au peuple. On va aussi cacher dans les bois une misère sociale lorsqu'on ne trouve plus sa place ni dans le peuple, ni dans la ville.

Un film rare. Par son sujet, les sans-abri. Par sa justesse de ton qui émeut sans sombrer ni dans le voyeurisme ni dans le misérabilisme. Parce qu'il donne à ses personnages une possible dignité. Parce qu'il a l'honnêteté de montrer que le retour à la normale des exclus de la rentabilité économique et de la morale bourgeoise est quasi impossible. Parce qu'au-delà de la dénonciation d'un terrible fait de société, il reste une certaine forme d'espérance. Pierre Schoeller, le réalisateur : "L'idée de Versailles est venue de ma découverte qu'un homme était mort dans les bois pendant la grande tempête de 2000, juste à côté du Château. Il y avait là une dimension emblématique avec la mise en contraste de la grande pauvreté de ceux qui se sont sortis du social. Le titre donne une résonance historique et politique. Et montrer ces gens pauvres au milieu du luxe a beaucoup marqué au festival de Cannes qui est un peu le Versailles du cinéma." Versailles est un film extrêmement soigné, où il règne une sorte de grâce permanente. Que ce soit dans les couleurs de l'image, dans la gestuelle des personnages, dans la rugosité de ces vies défaites qui passe à travers l'écran. Dans la misère la plus triste, une humanité jaillit quand même. Cette exigence a été voulue par le réalisateur : "J'ai fait une recherche de photos, de sculptures, et les attitudes traversent les siècles. Quelqu'un qui dort sur un banc ou la forme des guenilles : cela n'a pas d'âge. Cette dimension m'a emmené d'une certaine manière vers le muet, vers un type de cinéma où l'image parle d'elle-même. Les bois, une cabane sans électricité, un homme et un enfant qui y vivent : c'est à la fois intemporel et uniquement du présent, de l'urgence. Et avec l'obscurité de la nuit, cela devenait presque antique : une scène, un feu, quelques arbres et des personnages qui parlent. Cela ouvre sur un imaginaire et un romanesque qui surgissent simplement du côté élémentaire des choses et de ce qui se dit." Le film montre la nécessité de la fiction pour dénoncer des phénomènes bien réels. On est durablement impressionné par quelques scènes, celle du bain dans les bois, l'incendie de la cabane, si brièvement aperçue à l'écran. Et surtout, cette formidable course de l'enfant qui va chercher de l'aide, parcourrant le vide assourdissant du monde en traversant successivement le vert flamboyant des jardins de Versailles, la minéralité épuisante des escaliers et enfin les parquets cirés des appartements royaux où les laquais sont là pour réveiller les rois. Dans toutes sociétés, des hommes en marge ont toujours existé. Exclusions subies ou acceptées que les artistes de tous temps se doivent de dénoncer au nom de la simple solidarité humaine. A nous spectateurs d'en tirer les conséquences et une autre façon de faire. Le film doit aussi beaucoup à ses interprètes. Tout d'abord, le petit garçon, Max Baissette de Malglaive dont les grands yeux ouverts hantent longtemps le spectateur. Son aisance devant la caméra et face aux adultes à qui il donne la réplique est époustouflante. Le contraste entre son visage qui inspire la tendresse et la rudesse de son destin est évidemment un des éléments dramatiques du film mais Pierre Schoeller n'en abuse pas. Guillaume Depardieu dont le grand corps est tour à tour dégingandé, souple, musclé, puis félin fascinant, à l'image de son personnage, à la fois en rupture hargneuse contre la société et finalement victorieux dans cette rupture. Dans ce rôle, l'acteur semble avoir trouvé l'équilibre entre la révolte et la puissance maîtrisée. Enfin, il y a le travail de Julien Hirsch, le directeur de la photographie, toujours aussi talentueux, qui donne sa tonalité au film, aussi à l'aise dans la pénombre lumineuse de la forêt que dans l'arrogance du château de Versailles. Il réalise ici un travail d'orfèvre, en adéquation avec la sensibilité du scénario, le travail des acteurs et les exigences du réalisateur. Magali Van Reeth Signis France

Versailles
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